Canots

Portage de canoë

Le Parc historique du Fort William possède une collection de quelque 22 canots en écorce de bouleau construits par le maître fabricant de canots du Fort, Dave Brown, et ses adjoints. Contrairement à la plupart des éléments contenus dans des collections historiques, nos canots sont régulièrement utilisés par les voyageurs et les visiteurs du Fort, ainsi que par les enfants qui participent à nos programmes éducatifs. Dave et les autres artisans du Fort utilisent des matériaux et des techniques couramment utilisées au début du dix‑neuvième siècle pour créer des objets authentiques qui étaient d'usage courant dans le Fort William original. Le canot en écorce de bouleau est un objet d'une importance particulière dans la collection du Fort, car il a permis la création et le développement du commerce des fourrures en Amérique du Nord.

Cette embarcation rapide et facile à manœuvrer a été inventée par les peuples autochtones du continent pour leur permettre de naviguer aisément sur les voies d'eau. À leur arrivée en Amérique du Nord, les Européens ont rapidement adopté le canot en écorce de bouleau comme principal moyen de transport vers les terres riches en fourrures du Nord-Ouest canadien. Les voyageurs ont bientôt commencé à transporter des tonnes de fourrures sur des milliers de milles dans les embarcations relativement légères. Parallèlement, des explorateurs comme Sir Alexander Mackenzie, Simon Fraser et David Thompson ont découvert de nouvelles contrées grâce à ce canot intrépide.

Partout au pays, les tribus autochtones construisaient différents styles de canots adaptés à leur territoire et à l'usage qu'ils en faisaient. L'écorce de bouleau blanc ou à papier était le type d'écorce privilégié, mais d'autres étaient aussi utilisés. Les embarcations faites à partir d'autres espèces, comme l'épinette et l'orme, étaient souvent de qualité inférieure et servaient à traverser de petits lacs et rivières, mais ne pouvaient pas être utilisées pour de longs voyages.

La fabrication de canots était une industrie de soutien importante pour les activités de la Compagnie du Nord-Ouest. De nombreux centres de fabrication de canots ont été établis le long de l'itinéraire commercial de la Compagnie du Nord-Ouest, et ce, du fleuve Saint‑Laurent jusqu'aux montagnes Rocheuses. La plupart des canots fabriqués dans les centres du Saint‑Laurent étaient des « canots de maître » ou « de Montréal », et étaient utilisés pour le trajet entre Montréal et Fort William. Puisque les canots se détérioraient gravement et qu'ils étaient souvent détruits dans les rapides et dans les eaux tumultueuses, la Compagnie du Nord-Ouest a établi des centres de fabrication et de réparation de canots sur le parcours.

Fort William était un important centre de fabrication de canots où l'on fabriquait surtout des canots destinés au Nord, mais aussi des canots de Montréal. La plupart des canots qui arrivaient à Fort William pendant le Rendez-vous étaient fabriqués ailleurs. Cependant, tous ces canots avaient besoin de réparations majeures avant leur voyage de retour vers Montréal ou vers l'intérieur du pays. Puisque les canots gravement endommagés avaient besoin d'être remplacés, et comme le poste du Fort William avait aussi besoin de canots, les ateliers de fabrication de canots du Fort débordaient souvent d'activité.

La plupart des fabricants de canots étaient autochtones, mais des engagés canadiens‑français travaillaient à la fabrication de canots dans des centres continentaux, comme à Fort William et, quand la main-d'œuvre se faisait rare, même des commis écossais donnaient un coup de main.  

Canot du Nord :

Le canot du Nord était utilisé entre le poste central continental (Fort William) et les plus petits postes intérieurs. La Compagnie du Nord-Ouest utilisait environ cent quatre-vingts canots du Nord pour transporter des fournitures et des objets de commerce vers plus de quatre-vingts postes d'hivernage. Le canot du Nord pouvait transporter de vingt à vingt-six paquets ou objets de 90 livres (40 kg), ou un poids total d'environ une tonne et demie (1360 kg), y compris 4 à 6 hommes. Il mesurait environ vingt-quatre pieds (7,3 m) de long et était dirigé par 4 à 6 voyageurs. Ce canot était souvent assez léger pour être transporté par deux hommes.

Le contenu du canot du Nord était surtout composé de fourrures et des biens personnels des hommes pour le voyage vers Fort William, ainsi que de biens de commerce et de fournitures pour le voyage intérieur vers l'Ouest. Certaines provisions alimentaires étaient aussi comprises.

Canot de Montréal :

Pour le trajet de 1 200 milles (2 200 km) entre Montréal et le Fort William, le plus grand canot d'écorce, soit le canot de Montréal ou canot de maître, était souvent privilégié. Cette embarcation massive, pouvant transporter près de quatre tonnes (8 000 lb ou 3 600 kg), était utilisée sur les rivières Ottawa et Mattawa, pour la traversée du lac Nippissing et le long de la rivière French jusqu'à la baie Georgienne sur le lac Huron. De là, les voyageurs remontaient le chenal du Nord du lac Huron vers Sault Ste. Marie, traversaient le lac Supérieur puis allaient ensuite au Fort William. En cours de chemin, les voyageurs devaient portager (transporter sur leurs épaules les marchandises et le canot) à un minimum de trente-trois reprises. Le canot devait aussi être vidé de son contenu tous les soirs.

Ce canot mesurait en moyenne 36 pieds (11 m) de long et 6 pieds de large, et était dirigé par 8 à 12 voyageurs. Vide, il pouvait peser plus de 600 lb (250 kg).