La maison du d’Mcloughlin et de l’apothicaire

Aussitôt passé l'entrée principale du Fort, on aperçoit, à l'est, la maison du Dr John McLoughlin et de l'apothicaire. Entre 1803 et 1821, trois médecins sont affectés au Fort William. Tous les trois remplissent le double rôle de médecin-chirurgien et de fonctionnaire; ils sont médecins pendant le Grand Rendez-vous et marchands de fourrures pendant le reste de l'année. La vaste boutique d'apothicaire sert aussi d'hôpital jusqu'à ce que l'on en construise un quelque temps après 1811.

La pratique médicale à l'époque de la traite des fourrures consiste en une certaine forme de traitement de la maladie, que l'on pourrait mieux décrire sommairement par « saignée et purge quel que soit le mal ». En plus de ce traitement, les médecins font quelques interventions chirurgicales pour soigner les blessures et emploient de nouvelles thérapies, comme les chocs électriques.

Plusieurs des remèdes utilisés à cette époque sont encore employés de nos jours tandis que d'autres seraient considérés comme complètement inutiles ou même dangereux selon les normes actuelles. Les grandes quantités de produits que l'apothicaire conserve dans sa boutique servent probablement à constituer des trousses de « premiers soins » remises aux brigades de traite des fourrures, qui les acheminent aux habitants de l'intérieur. Ces médicaments sont utilisés pour traiter une foule de maux, depuis les troubles digestifs bénins jusqu'aux maladies mortelles.

Lorsqu'il faut opérer, le médecin du Fort William est aussi bien équipé que son confrère du Haut ou du Bas-Canada. Historiquement, la « chirurgie » incluait toute forme d'intervention médicale pratiquée directement sur le corps du patient. Même si une telle opération est rarement nécessaire, le médecin est prêt à amputer des membres ou des doigts s'il le faut. L'amputation de membres, à l'époque de la traite des fourrures, doit se faire rapidement, car ni l'anesthésie telle que nous la connaissons aujourd'hui, ni les transfusions sanguines, n'existent alors.