La Poudrière

L'entreposage de la poudre de fusil et des armes à feu nécessite un bâtiment sûr et à l'épreuve du feu. Aussi la poudrière est-elle une construction en pierre et à toiture d'étain. Le bâtiment est conçu de façon à ce que les épais murs de pierre canalisent la force d'une explosion vers le haut, arrachant le toit des murs sur lesquels il repose et limitant ainsi la force latérale de l'explosion. Le bas des murs est remblayé avec de la terre pour retenir la pierre des murs. Le bâtiment est aussi protégé par une palissade et une barrière avec verrou, mesure fort importante quand il s'agit d'entreposer 6 900 livres de poudre de fusil et 280 tonneaux de vin et de spiritueux. La poudrière a deux fonctions, l'une reliée à la traite des fourrures et l'autre à la défense du Fort William.

On entrepose dans la poudrière les provisions de l'année en poudre de fusil, en silex et en fusils d'échange de la Compagnie. Sauf celles destinées à être vendues au Fort William, ces marchandises sont emballées et expédiées aux postes de traite des hivernants à l'Ouest. Les Autochtones du Fort William et les employés de la Compagnie dépendent de ces armes et munitions pour s'approvisionner en viande pour l'hiver.

La poudrière n'est pas qu'un simple entrepôt. Elle fait aussi partie intégrante des fortifications de Fort William contre les attaques éventuelles, fortifications qui sont nécessaires en raison de la Guerre de 1812 et des conflits de lord Selkirk avec la Compagnie de la Baie d'Hudson.

De 1818 à 1821, le matériel militaire figure dans les inventaires sous l'en-tête « Dépôt d'armes ». On y trouve, en 1820, 48 nouveaux fusils anglais et 59 fusils américains avec gibernes et baïonnettes, 13 fusils de fer, 8 pièces de campagne de laiton, 3 tromblons, 2 canons de palissade, 57 fusils, 173 barils de poudre de fusil et 80 pistolets.

Le dépôt de Fort William et l'éventail d'armes qu'on y trouve ont donné lieu à de nombreuses conjectures. Même avant l'affaire Selkirk, Fort William dispose de canons sur affûts et de fusils à baïonnettes. En 1812, des hommes de Fort William et des guerriers autochtones de la région partent avec une partie de ce matériel vers Sault Ste. Marie pour aider à préparer l'attaque britannique contre la base américaine à Michilimackinac. Il n'est pas certain que d'autres armes aient été envoyées au Fort William en raison de la Guerre de 1812. La Compagnie du Nord-Ouest recrute un corps de voyageurs canadiens qui combat sous le commandement du lieutenant-colonel William McGillivray dans le Bas‑Canada, et il est possible que Fort William soit devenu un arsenal militaire.