L'entrepôt en pierre

L'entrepôt en pierre est l'un des deux bâtiments du Fort William qui sont faits en pierre plutôt qu'en bois. C'est aussi la seule structure qui ait survécu jusqu'au XXe siècle. En 1902, on le démolit pour faire place aux gares de marchandises du Canadien Pacifique. Dans son plan de Fort William de 1816, lord Selkirk décrit ce bâtiment fait en pierre et recouvert d'un toit d'étain comme étant « à l'épreuve du feu ».

D'origine humaine ou naturelle, le feu est une menace d'autant plus constante que la plupart des bâtiments sont en bois et que foyers et poêles en assurent le chauffage. Le fait qu'une voiture de pompiers figure dans les inventaires du Fort reflète la crainte de l'incendie. Toutefois, la raison pour laquelle la Compagnie a construit l'entrepôt en pierre n'est pas très claire.

À l'automne de 1816, les seuls articles figurant dans l'inventaire de ce bâtiment sont sept unités de carottes et de chiques de tabac, un tonneau de vin de Madère, trois drapeaux du Fort et cent trois drapeaux autochtones. Au printemps de 1817, ces articles ne sont plus énumérés et l'entrepôt en pierre contient plutôt de grandes quantités de vivres : graisse, sel, sucre, farine et maïs brut. Comme on sait que la goélette de la Compagnie du Nord-Ouest apporte régulièrement chaque automne une cargaison de vivres, d'alcool et de tabac au Fort William, on suppose que l'entrepôt en pierre sert à garder cet arrivage de l'automne jusqu'au printemps. Aussi le bâtiment a‑t‑il peut-être pour raison d'être de protéger ces provisions durant l'hiver contre le feu et les fluctuations de la température.